Par Isabelle Huot, docteure en nutrition
Polyphénols, composés sulfurés et terpènes font partie de la grande famille des composés phytochimiques, ces molécules présentes en grand nombre dans les végétaux et certaines boissons, et qui ont une activité thérapeutique rappelant celle des médicaments. Contrairement à ces derniers, les aliments, consommés en grande quantité et à long terme, n'induisent aucune toxicité. Selon le Dr Béliveau, il n'est jamais trop tard pour modifier ses habitudes alimentaires, notamment pour intégrer de 5 à 10 portions de fruits et légumes par jour.
De tous les légumes, certains suscitent particulièrement l'intérêt du chercheur. C'est notamment le cas des crucifères (chou, chou de Bruxelles, brocoli) et de la tomate. Les crucifères réduiraient particulièrement le risque de cancer du sein, de la prostate et de la vessie. On attribue aux glucosinolates qu'ils contiennent leur pouvoir anticancéreux. Solubles dans l'eau, les glucosinolates peuvent cependant chuter de moitié si on fait cuire les légumes dans l'eau 10 minutes. Quant au lycopène dans la tomate, son absorption serait favorisée par la cuisson et la présence de gras.
Côté condiments, l'ail et l'oignon, avec leurs composés sulfurés, sont porteurs d'activité anticancérigène.
Le soja: une légumineuse aux mille vertus
En plus de réduire le cholestérol sanguin, le soja protégerait contre les cancers hormono-dépendants. Il semble pourtant que le soja doit être consommé en bonne quantité suffisante pour démontrer une efficacité et, idéalement, dès la puberté. Les hommes qui boiraient au moins une tasse de boisson de soja par jour verraient leur risque de cancer de la prostate diminuer considérablement.
Des oméga-3 au menu
Selon le Dr Béliveau, la carence principale en Amérique du Nord concerne les bons gras oméga-3. En plus de conseiller la consommation de poissons gras, le spécialiste ne néglige pas la graine de lin comme source d'oméga-3 d'origine végétale. « Si tous les Québécois consommaient tous les jours 15 ml de graines de lin moulues, on noterait un effet significatif sur les coûts en matière de soins de santé. » Ces gras essentiels à l'organisme pourraient réduire le risque de cancer du sein, de la prostate et du côlon.
Dans son livre, le Dr Béliveau fait aussi l'éloge du vin, des petits fruits, des agrumes, du thé vert et même du chocolat... ces aliments qui recueillent suffisamment d'appuis scientifiques pour être recommandés dans une stratégie préventive.
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